Dans le cadre d'un débat portant sur les pillages survenus le week-end des 17 et 18 octobre, le candidat Nouvelle Energie avait éludé une question d'une sympathisante LFI portant sur les exactions commises contre des dizaines d'Algériens sous l'autorité du préfet Maurice Papon, en 1961, refusant une "rhétorique" qui éloignait la discussion du sujet.
David Lisnard, le 18 octobre 2026, à Limoges ( AFP / PASCAL LACHENAUD )
"J'assume de ne pas accepter l'utilisation mémorielle d'un drame pour justifier des actes de criminalité contemporains". Au lendemain d'un échange animé avec une contradictrice proche de LFI sur le plateau de LCI , David Lisnard a assumé sa réponse écartant le sujet des exactions du 17 octobre 1961 commises contre des Algériens à Paris, réaffirmant qu'il ne souhaitait pas que ce drame historique soit instrumentalisé pour justifier les scènes de chaos en marge de la moblisation contre "la vie chère".
Interrogé dans le cadre d'un débat sur les pillages à grande échelle à travers la France le week-end dernier, et évoquant la présence de drapeaux algériens dans les cortèges, le candidat à l'élection présidentielle avait balayé une question posée par une étudiante proche de La France insoumise.
Créatrice de contenus sur les réseaux sociaux, Lola-Fleur Whittaker avait interpellé David Lisnard au sujet des drapeaux algériens aperçus dans les manifestations : "Est-ce que vous pouvez nous rappeler ce qu'il s'est passé le 17 octobre 1961", lui a t-elle demandé. "Je m'en fous", avait répondu le maire de Cannes.
"C'est très grave, c'est dramatique, mais c'était en 61", avait ensuite poursuivi David Lisnard avant d'expliquer que ce n'était "pas (son) problème aujourd'hui ", alors qu'il parlait jusqu'ici des violences et des pillages qui ont marqué plusieurs villes de France depuis samedi. Pourquoi une telle réponse? "Parce que c'est pas mon problème aujourd'hui ! Pour une fois, vous ne serez pas dans votre rhétorique qui essaie d'écraser tout le monde. On vous connait par coeur !" , avait t-il encore abondé .
"Dans un échange portant sur des violences extrêmes, des pillages de magasins, et l'incendie de l'hôtel de ville de Limoges dont nous parlions, j'assume de ne pas accepter l'utilisation mémorielle d'un drame pour justifier des actes de criminalité contemporains", a ainsi affirmé à l'AFP le président de l'Association des maires de France (AMF), revenant sur son passage télévisé remarqué.
Des "cyniques politiciens qui utilisent l'histoire de France la plus tragique pour justifier l'injustifiable"
"Il suffit de regarder l'émission pour comprendre", a-t-il assuré. "Il n'y a que ceux qui sont en train de créer une polémique par des relais médiatiques qui pourraient imaginer que la réponse aurait porté sur l'événement lui-même", a-t-il encore déclaré, soulignant qu'"évidemment on ne peut être qu'affecté sur toute violence qu'il y a dans l'histoire du pays". Et d'accuser la militante LFI qui lui a posé la question et qui, à ses yeux, "insulte la mémoire des morts".
"Nos compatriotes d'origine algérienne méritent mieux que ces cyniques politiciens qui utilisent l'histoire de France la plus tragique pour justifier l'injustifiable aujourd'hui et pour détruire notre société", a conclu David Lisnard, alors que le mouvement de Jean-Luc Mélenchon est accusé depuis le début de la mobilisation lycéenne d'attiser la colère sociale.
Après ses propos sur LCI, des maires de gauche ont dénoncé des déclarations "inacceptables" - parmi eux, le vice-président PS de l'AMF André Laignel et Jean-François Debat, l'édile socialiste de Bourg-en-Bresse qui devrait lui succéder dans un mois.
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